Tous les êtres humains sont sensibles aux odeurs. Rien n’est plus vrai, en particulier chez les personnes présentant un Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA). La différence qui fait leur richesse les amène à être sujets à l’hypersensibilité olfactive.
Retrouvez dans cet article les raisons de cette affection et comment adapter leur environnement pour améliorer leur quotidien.
Pourquoi les odeurs peuvent-elles être difficiles à supporter chez les personnes TSA ?
Il est avéré que le système sensoriel des personnes TSA fonctionne de manière atypique. Près de 9 personnes autistes sur 10 ont un rapport aux sens perturbé.
Comment fonctionne la sensibilité sensorielle dans le trouble du spectre de l’autisme ?
Pour comprendre les raisons qui affectent la perception sensorielle des personnes TSA, il faut s’intéresser à la mécanique du cerveau humain.
Dans le cas de l’odorat, les molécules odorantes captées par les récepteurs nasaux envoient des signaux au bulbe olfactif, qui est directement relié au système limbique (le siège des émotions et de la mémoire). Cette connexion est si intense qu’elle peut rappeler l’altération sensorielle provoquée par le rush poppers et la perception des odeurs.
Une personne TSA n’exploite pas son lobe frontal de la même manière qu’un banal quidam. Cette différence s’explique par son incapacité à pouvoir hiérarchiser les sensations de manière efficace.
Une perception amplifiée qui peut provoquer stress et surcharge
Loin d’être anodine, cette perception amplifiée peut provoquer stress et surcharge émotionnelle chez les autistes. Chez les personnes TSA, la connexion entre la perception et la réaction émotionnelle est souvent exacerbée. Là où d’autres parviennent à ne plus sentir une odeur après quelques minutes, la personne autiste peut rester en état d’alerte maximale tant que la source odorante est présente. Cette gêne devient alors une source de stress qui nuit à la concentration et aux interactions sociales des personnes TSA.
Comment adapter l’environnement face à une hypersensibilité olfactive ?
Face à cette hypersensibilité olfactive, il est important de repérer quelles peuvent être les nuisances en vue d’y apporter des réponses pour améliorer le confort de vie des individus.
Quelles odeurs sont le plus souvent source d’inconfort ?
Dans la vie courante, de nombreuses odeurs peuvent affecter le bien-être des personnes TSA. Il n’existe pas à proprement parler une vérité universelle pour tous les autistes, mais certaines catégories d’odeurs les dérangent particulièrement, comme les odeurs corporelles, les nuisances olfactives alimentaires, les parfums trop forts, les odeurs des produits de nettoyage ou encore les gaz d’échappement et la pollution citadine.
Des ajustements simples peuvent améliorer le confort au quotidien
Pour améliorer le quotidien des autistes, quelques précautions de bon sens peuvent être adoptées pour ne pas les exposer à des “mauvaises” odeurs qui nuisent à leurs habitudes. Parmi les mesures à prendre, il est recommandé d’essayer de privilégier des produits neutres comme des lessives très peu parfumées.
D’autres actions peuvent être entreprises pour dissiper les odeurs : il est conseillé de privilégier des lieux de vie ventilés dans lesquels l’air circule librement et, par exemple, au moment de cuisiner, vous pouvez isoler la personne dans un endroit à l’abri des relents afin qu’elle ne soit pas perturbée.
L’important est de toujours faire preuve d’empathie afin d’anticiper les situations potentielles de nuisance olfactive et de connaître quelles odeurs peuvent réellement perturber la personne atteinte de trouble du spectre de l’autisme. L’hypersensibilité aux odeurs chez les autistes n’est pas une fatalité.
Elle est la conséquence d’un fonctionnement différent, d’une sensibilité accrue, qui demandent un traitement adapté pour leur rendre la vie plus agréable. En adaptant nos habitudes aux personnes en situation de TSA, on leur permet de s’épanouir dans un environnement qui leur correspond.